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Parti le 7 mai pour Moscou, j’ai eu pour premier interlocuteur mon homologue Valentina Matwienko, présidente du Soviet de la Fédération russe (le Sénat qui réunit les régions russes, l’équivalent des cantons chez nous). Longue fut ensuite la liste des rendez-vous de cette semaine, y compris les échanges à l’ambassade suisse avec les représentants de nos entreprises actives en Russie.
Tous ces contacts allaient bien audelà des amabilités de circonstance, à l’image des rapports sans nuages qui règnent entre nos deux pays. Les Russes apprécient les services rendus par la Suisse, qui défend leurs intérêts en Géorgie – et ceux des Géorgiens à Moscou – suite à la rupture des relations entre les deux pays. Cette situation privilégiée a permis à la Suisse de lever le veto mis par la Géorgie à l’entrée de la Russie dans l’Organisation mondiale du commerce. Et la Russie a pu ouvrir les portes du G20 à la Suisse malgré l’opposition de l’Union européenne et des Etats-Unis.
Les relations diplomatiques helvético-russes, qui fêteront l’an prochain leurs 200 ans, sont donc au beau fixe. Mais l’élément le plus significatif de ma visite fut l’intérêt affiché par les Russes pour le développement de relations directes entre leurs régions et nos cantons: une idée fédéraliste soutenue par les Sénats des deux pays. Ma visite a permis d’ailleurs la signature d’un Memorandum of understanding pour définir le cadre dans lequel se dérouleront ces contacts.
LE TRI DES DÉCHETS
Le premier exemple d’application m’a été donné justement par le président du Groupe parlementaire russo-suisse au Sénat, le collègue Iuri Smirnov. Il souhaite venir avec des techniciens de sa région pour étudier nos pratiques en matière de gestion intégrée des déchets urbains, du tri au recyclage en passant par leur incinération pour produire de la chaleur et de l’électricité.
C’est un cas exemplaire de fédéralisme appliqué: la Confédération définit les normes légales, la mise en oeuvre étant de la compétence des cantons et des communes. Ces discussions politiques se sont achevées sur la place Rouge, avec la Parade de la victoire, un défilé militaire toujours impressionnant qui a eu lieu le 9 mai, date anniversaire de la fin de la Deuxième guerre mondiale: il y a quelque chose d’incroyable dans l’intensité avec laquelle les Russes célèbrent aujourd’hui encore la victoire mythique qui leur a coûté 20 millions de morts. Impressionnant aussi est le respect qui entoure les vétérans qui ont sorti de la naphtaline leurs glorieux uniformes tapissés de médailles. Ce défilé m’a permis de vérifier la popularité incontestable dont jouit celui qui est toujours le seul homme fort du pays, Vladimir Vladimirovich Poutine. Je ne lui ai pas serré la main, étant bloqué à une dizaine de mètres de lui. C’était mieux qu’en 1987, quand j’avais été retenu à 400 mètres de son prédécesseur Gorbatchev…
J’ai retrouvé Poutine le lendemain à Sotchi, dans la majestueuse Bolchoi Arena qui accueillera les Jeux olympiques en février prochain. Cette fois-ci, elle abritait la finale du Festival du hockey populaire à laquelle participaient, seuls Suisses parmi les 166 équipes étrangères et les 128 équipes russes, les vétérans du Hockey-Club Ambri! Le club dont je suis l’heureux et soucieux président. Le sport étant une affaire strictement privée, je n’en parlerai pas ici…  FL